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Déménagement en 2006 |
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Après tant d’années, tant de rencontres, tant de débats et tant d’histoire(s) de l’urbanisme dans son local de la rue Pernéty, la SFU s’est résolue à changer de quartier, en déménageant au n°26, rue de l’Echiquier, dans le dixième arrondissement de Paris.
La situation n’est pas éloignée de la cour des miracles, dans un quartier célèbre pour ses empoisonneurs…, mais aussi toute proche de " Bonne Nouvelle" !
Société Française des Urbanistes
26, rue de l’Echiquier 75010 PARIS – F
T. 00 33 (0)1 45 39 69 53
T. 00 33 (0)1 45 41 02 27
sfu@urbanistes.com
Quartier Porte Saint-Denis /Paradis
Plan d'accès - photos |
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Bonjour à Lanfranco Virgili |
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Secrétaire Général SFU de 1966 à 1969 et Président SFU de 1970 à 1979
M. Lanfranco Virgili est le plus ancien Président d'Honneur de la SFU (1924).
Jean-Pierre Gautry lui a rendu visite le 9 mars 2006 pour lui transmettre le bonjour, avec les remerciements de la SFU pour son action passée que nous avons encore en mémoire. En retour, il nous a demandé de lire un texte qu'il conserve précieusement au dessus de son bureau. Il s'agit d'un texte de la SFU, qu'il a écrit pour la revue Urbanisme, en tant que SG en 1968.
Texte (toujours d'actualité) de Lanfranco Virgili
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SFU - 39, rue Pernéty 75 014 Paris F
téléphone 00 33 (0)1 45 39 69 53 - fax 00 33 (0)1 45 41 02 27 |
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LA LONGUE EXPERIENCE DE LA SFU |
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La Société Française des Urbanistes a été fondée en 1911 par D. A. Agache, M. Auburtin, A. Bérard, E. Hébrard, L. Jaussely, A. Parenty, H. Prost (Architectes), J. C. N. Forestier (Ingénieur et Paysagiste), E. Redont (Paysagiste). Ces techniciens participaient au sein du Musée Social sous la direction de Jules Siegfried, à la préparation du texte qui devint la première loi française sur "l'Aménagement, l'embellissement et l'extension des villes" (loi "Cornudet" du 14 Mars 1919 et modification du 19 juillet 1924). Le 10 Mars 1914 la Société Française des Architectes Urbanistes est enregistrée au Bureau des Associations de la Préfecture de Police (Président Eugène Hénard, Secrétaire Général Donat Alfred Agache). L'association a pour objet de "réunir une documentation technique, de nouer et d'entretenir des relations avec les groupements similaires à l'étranger, de centraliser les voeux émis dans les derniers congrès urbains et d'en étudier la réalisation pratique, de participer aux expositions qui auront lieu tant en France qu'à l'étranger, de se tenir à disposition des intéressés pour toute consultation." En 1919, devenue SFU (Président Léon Jaussely, Secrétaire Général, Donat Alfred Agache), elle concours activement à la promulgation de la Loi "Cornudet". Parallèlement, elle organise des conférences et des concours comme la "Conférence Interalliée d'Urbanisme" à Paris et le concours de plans pour la "Reconstruction d'une petite ville dévastée".
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Depuis 1911, la SFU n'a pas varié dans ses objectifs, tout en cernant davantage le champ de la spécificité de l'urbanisme. Au cours du temps, l'énoncé des objectifs de la Société le démontre.
. En 1911 : étude en commun des questions relatives à la construction et à l'amélioration des agglomérations urbaines et rurales ainsi que le développement de cette science.
. En 1940 : étude des questions relatives à la création, à l'Aménagement, à l'embellissement, à l'extension des agglomérations urbaines et rurales et tout ce qui intéresse le développement des plans de villes, de l'hygiène et de la circulation.
. En 1970 : étude des questions relatives à l'Urbanisme et à l'Aménagement des territoires au point de vue de la science des plans de ville et de ses éléments sociologiques, artistiques et techniques.
. En 1986 : études des questions relatives à l'Urbanisme, à l'Aménagement du territoire et du cadre de vie.
. En 1997 : faire connaître a spécificité de l'urbanisme (organisation responsable et réfléchie des espaces urbains, ruraux, naturels pour améliorer les conditions de vie des individus et de la société), la nécessité de l'Aménagement du Territoire (organisation stratégique et économe d'un territoire mettant en valeur ses ressources et préparant les conditions nécessaires à l'épanouissement à long terme de la société des hommes qu'il abrite). les actions de la sfu
La SFU a été intimement liée à tout ce qui a eu trait à l'Urbanisme depuis plus de quatre-vingts ans. A chaque époque et quel que soit le nombre de ses membres, la SFU a été un lieu de réflexion pour la profession, en prise directe sur l'actualité et très intimement liée aux expériences de terrain.
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LES ACTIVITES DE LA SFU DE 1911 A NOS JOURS |
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La SFU mena, dans la période entre les deux guerres, une action de propagande très importante en faveur de l'Urbanisme, auprès des administrations et vis à vis de l'opinion publique. En 1923, la SFU organise à Strasbourg le Congrès International de l'Urbanisme et d'Hygiène Municipale. lI y a parmi les membres de ce congrès de nombreux Elus français (dont Herriot, Sellier, Bourgeois, Cornudet) et étrangers. On compte aussi de hauts fonctionnaires, des techniciens, des Architectes, des Urbanistes...et le Maréchal Lyautey. Parmi les Urbanistes de la SFU, on remarque des praticiens de formation diverse : Architectes comme Agache, Auburtin, Bérard, Dervaux, Jaussely, Greber, Prost, ingénieurs comme Bechmann, Balleygnier, Bourdeix, Chalumeau, géomètres, paysagistes, juristes comme Danger, Redont, De Clermont... C'est l'époque où les Urbanistes de la SFU, à partir de leur expériences personnelles, réfléchissent sur leur pratiques. Donat Alfred Agache, Secrétaire Général de la SFU, est alors un de ceux qui tente une approche doctrinale de l'Urbanisme.
Lors du Congrès SFU de 1923, il intervient sur la question des plans de ville, de cette façon : "Le Plan (de ville) est une oeuvre d'ensemble qui a pour but de fournir les directives générales permettant de modeler la ville au fur et à mesure de son développement. Cette oeuvre d'ensemble... a besoin d'être étudiée en fonction de données anthropogéographiques, économiques et sociales bien définies." (Congrès SFU de Strasbourg 1923) Plus tard, en 1932, Donat Alfred Agache précisait sa pensée ainsi:
"L'Urbanisme - nous l'avons souvent dit dans nos conférences - est à la fois une science, un art et une philosophie;
Une science car il procède de l'étude méthodique des faits. Il faut avoir étudié les villes du passé, leurs caractéristiques, leur formation... Il s'agit ensuite de rechercher les causes de développement ou de malaise et enfin, après un travail précis d'analyse, il faut, dans une synthèse générale, prévoir les améliorations nécessaires pour le développement futur de la cité. Observation, classification, analyse et synthèse : voilà bien ce qui caractérise l'étude scientifique." ... "Mais, si la science suffisait à résoudre l'Aménagement des villes, cette urbanisation se réduirait sans doute à un certain nombre de formules. Il n'en est pas ainsi. L'Urbanisme constitue également un Art, car l'intuition, l'imagination, et la composition jouent un rôle important dans son application : l'Urbaniste doit traduire en proportions, en volumes, en perspectives, en silhouettes, les différentes propositions suggérées par les ingénieurs, les économistes, les hygiènistes et les financiers." ... "L'Urbanisme est aussi du domaine de la philosophie sociale. La ville, en effet cherche à réaliser plastiquement le cadre adéquat à l'existence d'une collectivité organisée; son rôle est de grouper autour du citadin tout ce que l'organisation et le confort moderne ont inventé pour sa commodité, ceci en diminuant les frais généraux de cette existence en voisinage immédiat."
(La remodélation d'une capitale 1932 in 323 citations sur l'Urbanisme de Auzelle, Gohier, Vetter)
De 1932 à 1944, les manifestations de la SFU se veulent plus pédagogiques. On veut aborder, sensibiliser le grand public. C'est le moment des salons et des expositions. A l'occasion de ces Salons, où se trouvent exposés des Projets d'Aménagement, on tente de faire apparaitre "les aspects techniques, sociaux et esthétiques considérés dans leur rapports mutuels et dans leur rapport avec l'ensemble de la Ville et de la Région" (5 ème Salon des Urbanistes, section des Beaux Arts au Grand Palais, 1936). Il y a, en outre, des cycles de conférences publiques.
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Après la guerre, un grand nombre de ses adhérents est appelé à participer à la mise en place des Services d'Urbanisme de l'Etat. Cette présence au sein même de l'Administration ne doit pas faire oublier les actions et les travaux de la société dont les thèses défendues alors sont de nos jours de plus en plus actuelles (Cadre de Vie, Environnement, Approche Globale...). A cette époque, dans la fièvre de l'explosion urbaine, les Urbanistes tentent de théoriser ou de faire part de leurs réflexion sur l'Aménagement. Des courants s'opposent ou s'ignorent. On a les écrits de Le Corbusier, la Charte d'Athènes et ses applications sur le terrain. Les praticiens de la SFU tentent pour leur part de développer une réflexion théorique avec des positions diversifiées comme celles de Gaston Bardet, André Gutton, Robert Auzelle, René Magnan, Paul Dufournet, Maurice François Rouge... La SFU comprend en grande majorité des Architectes de formation. La formule élitiste déclarée qui présidait depuis la fondation a tendance à se perpétuer. La Société se renouvelle par cooptation, avec un parrainage et les candidatures sont sévérement filtrées.
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En 1966, avec les Présidents Raymond Gervaise et Lanfranco Virgili s'ouvre une période particulièrement active dans le domaine des interventions extérieures. En 1965, déjà la SFU avait contribué à, la fondation de l'AIU, Association Internationale des Urbanistes. Parallèlement un combat d'idées avec les autorités est soutenu par une équipe dynamique dont Maurice François Rouge compte parmi les plus actifs militants. La SFU prend position sur l'Aménagement de Paris, sur le Schéma Directeur D'Aménagement et d'Urbanisme de la Région de Paris, sur le problème des réformes régionales sur les questions d'"action-circulation" en Région parisienne, etc... De même, l'Urbanisme est soumis à une analyse critique. L'Urbanisme centralisateur, les déclarations non suivies d'effets, les contradictions, les pratiques sont l'objet de vives accusations. Avec la Présidence de Charles Delfante (1972-1976) et celles qui suivirent, la SFU se met à réfléchir sur elle-même et s'organise. Il y a d'abord l'ouverture plus large faite aux praticiens de l'Urbanisme quelles que soient leurs formation d'origine. Ensuite, il y a des débats de doctrine, animés et rapportés par Michel Steinebach, des colloques sur des thèmes d'actualité (Loi d'Orientation Foncière, Plans d'Occupation des Sols, problèmes fonciers...) où se retrouvent des Urbanistes, des Elus, des fonctionnaires. Enfin, une réforme profonde de la Société est proposée et pilotée par Jacques Foret : représentation à la SFU de l'ensemble du milieu professionnel et mise en place de délégations régionales. Sur le plan doctrinal, la grande question est de pouvoir dégager le caractère spécifique de l'Urbanisme. Les réflexions et les travaux de Gaston Bardet, Robert Auzelle, René Magnan, Paul Dufournet, Jean Gohier, Charles Delfante étaient présents dans les esprits, mais c'est Maurice François Rouge qui, en 1967, avait indiqué la tendance de la SFU en abordant les problèmes de fond et en formulant des exigences immédiates sur la reconnaissance effective et officielle de l'Urbanisme comme discipline spécifique, clarification des rôles, définitions des responsabilités et des critères de qualification professionnelle.
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De 1976 à 1979, le Président Charles Lambert mène le combat pour la reconnaissance de l'Urbanisme. La SFU est le lieu de rencontre des praticiens de formation d'origine très diversifiée qui exercent dans les secteurs publics, para-publics, privés. Une qualité commune les rassemble : la capacité d'aborder globalement les différents aspects des missions qui leur sont confiées. Trois congrès, où sont débattues les grandes questions, précisent la ligne générale de la SFU et indiquent le sens de ses actions futures. En 1977, à Dijon, il est question de réaffirmer les enjeux fondamentaux que contenait toute décision d'aménagement des territoires, de planification économique, d'organisation relative des modes de vie ruraux et urbains et de transformation des cadres de vie; En 1978, à Créteil, il s'agit d'aborder sur le fond la nature des responsabilités relatives aux Elus, aux Urbanistes et aux citoyens, dans le contenu des dispositions d'aménagement. En 1979, à la Sorbonne, après six mois de recensement des diverses formes d'enseignement et de formation existant en France, la SFU tient à marquer fermement la nécessité d'organiser la diversité des enseignements et des formations à l'Urbanisme, parallèlement à l'organisation de la profession d'Urbaniste à laquelle elle attache, depuis toujours, l'essence même de son action. Cependant, lors de son intervention à l'Assemblée Générale de la SFU, le 14 décembre 1978, le Ministre de l'Environnement et du Cadre de vie, Michel D'Ornano confirme le caractère spécifique de l'Urbanisme. La SFU est alors en pleine négociation avec les Pouvoirs Publics pour mettre en place un Office de Qualification des Urbanistes professionnels comme premier élément d'une reconnaissance de la profession et de la prise en compte du caractère spécifique de leurs missions. Malgré les efforts de la SFU, ce projet n'aboutit pas. La SFU décide, alors, de persévérer dans ses actions de sensibilisation. Sous la présidence d'Hubert Thiébault, la SFU organise, en 1981 et 1982, les Etats Généraux de l'Urbanisme. Des rencontres ont lieu dans les Régions Est, Centre, Ouest, Sud-Est, Nord, Midi-Pyrénées. Les thèmes de réflexion portent sur l'évolution des structures d'Urbanisme dans la perspective de la décentralisation, le coût et le finacement des études, les missions, les actions prioritaires... A Sarcelles a lieu, les 14 et 15 janvier 1982, la manifestation nationale des Etats Généraux. Elle connait un grand succès de participation. Les Ministres de l'Urbanisme et du Logement (Roger Quillot), du Plan et de l'Aménagement du Territoire (Michel Rocard) sont présents et interviennent. Une allocution est prononcée au nom du Ministre des Transports (Charles Fiterman). Les principales questions débattues en atelier sont les suivantes: quelles politiques d'aménagement pour une autre croissance, quelles structures au service de qui, pratiques de l'Urbanisme et responsabilité des acteurs. Le Président Hubert Thiébault préconise, en conclusion, un "Urbanisme négocié, une commande politique claire, le travail en équipe, le débat public". La "Déclaration de Sarcelles" élaborée à l'issue des Etats Généraux reprend ce thème et insiste sur les moyens à mettre en oeuvre: "une planification globale et pérenne, la prise en compte de niveaux territoriaux avec des impératifs de solidarité intercommunale, la reconnaissance et la clarification des responsabilités des différents acteurs, l'affirmation d'un Urbanisme non figé où l'ancrage sur le terrain est prépondérant sur les procédures". De plus, il est demandé des structures d'aménagement souples, adaptées aux nécessités locales et, pour les Urbanistes, "des formations adaptées, une harmonisation des statuts, une mobilité entre les différents exercices".
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En 1983, et dans les années suivantes, le Président Jean-Pierre Lecoin mène la réflexion sur les pespectives de l'Urbanisme dans le cadre de la décentralisation. Il est proposé un programme d'actions qui doit affirmer les conditions nécessaires à la réussite de toute politique d'urbanisme :
. une volonté politique claire,
. un milieu professionnel de haute compétence,
. des moyens financiers suffisants.
Un manifeste pour l'Urbanisme est élaboré. Il rappelle les responsabilités de tous, de la Collectivité Locale à la Collectivité Nationale. L'accent est mis sur la nécessité de faire connaitre et reconnaitre la profession d'Urbaniste en même temps que les enjeux et les pratiques de l'Urbanisme tout en évitant les dérives classiques (confusions entre architecture et Urbanisme, Urbanisme de mode ou de spectacle, etc...). Des contacts avec l'Association des Maires de France sont établis. Une réflexion en commun sur les missions et les compétences pro- fessionnelles, la formation, les relations entre les Elus, les professionnels et l'administration est poursuivie . C'est dans cette stratégie, en 1986, que Le Président Lecoin initie la mise en oeuvre du document " Elus et Urbanistes", ouvrage collectif dont l'objet est de présenter, sous l'égide du Ministère de l'Equipement et de l'Association des Maires de France, les rôles et les missions des Urbanistes. Par ailleurs, la SFU poursuit avec ténacité les actions qui visent à enrichir, développer et faire évoluer le niveau de compétence de la profession d'Urbaniste. L'amélioration de la formation initiale et permanente des Urbanistes est un des thèmes prioritaires largement discuté. "Il faut exiger les moyens nécessaires, en temps, en financements, en personnels qualifiés, en organisation cohérente"... Toutes ces questions font l'objet d'actions en direction des Pouvoirs Publics. Les Ministres et leurs cabinets sont saisis de nombreuses fois sur ce thème. Malgré les difficultés rencontrées pour faire passer ce message, la SFU persévére dans ses démarches. Elle intensifie ses actions en s'appuyant sur les Elus, principaux intéressés par la qualité professionnelle de ceux qui peuvent les assister. Sur le plan européen, membre du Conseil Européen des Urbanistes depuis sa création, la SFU poursuit très activement, avec Jacques De Bary et Charles Lambert, les travaux sur les activités des Urbanistes professionnels, leur formation, et leurs devoirs professionnels. En 1988 parait le document qui marque une étape importante de ces travaux : l'Accord et Déclaration Internationale des Instituts Nationaux et Associations d'Urbanistes Professionnels des Pays de la Communauté Economique Européenne dite Charte de 1985 avec ses annexes. Dans les années 1990, sous la présidence de Philippe Jouvin, la S.F.U. met en application un programme d'actions qui se résume en cinq points : clarifier le débat, faire connaitre les Urbanistes et leurs missions, sensibiliser les collectivités territoriales, mobiliser les praticiens de l'urbanisme, mettre en place une meilleure formation des Urbanistes. Pour les Urbanistes de la S.F.U., l'objet de l'Urbanisme est double :
. C'est mener une réflexion sur la vie en collectivité avec ses structures, ses formes, ses problématiques, ses évolutions.
. C'est aussi rechercher, dans le sens de l'intérêt public, une organisation des espaces urbains, ruraux, naturels qui soient plus aptes à améliorer les conditions de vie des populations dans les domaines sociaux, économiques et culturels.
C'est un investissement sur le plan culturel avec le repérage, la sauvegarde, la valorisation des patrimoines physiques et humains. Sur le plan pré-opérationnel, c'est aussi un investissement avec la mise en évidence des potentialités de développement socio-économique, l'apport d'idées nouvelles, la recherche de projets multiples et diversifiés, l'évaluation des conséquences possibles d'actions et d'opérations d'aménagement... Faire mieux connaître les Urbanistes ne procède pas d'une attitude corporatiste, mais exprime la volonté de faire reconnaître leurs démarches, leurs missions, leurs spécificités et les services que l'Urbanisme peut rendre à la Collectivité. Le rôle des Urbanistes est de soumettre aux responsables politiques un éventail de propositions sur les actions à mener et les opérations à engager. L'Urbaniste est un praticien qui, en procédant toujours par démarches transversales et approches globales assiste objectivement les donneurs d'ordres (Collectivités Territoriales, Administrations, secteur privé) dans les processus de prise de décision et de suivi de réalisations . Les Urbanistes ne doivent se substituer ni aux Pouvoirs Publics, ni aux professionnels qui ont la responsabilité de la réalisation de projets spécifiques, comme les Architectes, les Paysagistes, les Ingénieurs... Une étude-recherche sur les missions d'Aménagement et d'Urbanisme est effectuée en 1989 et 1992 par Guy -Louis Vallet, Secrétaire Général. Les missions des Urbanistes sont recensées et cadrées.
. En amont, il y a des missions de recherche, de propositions pour des politiques d'aménagement (aide à la réflexion) et des missions pré-opérationnelles ou préalables à l'Aménagement, (préparation à la décision). . En aval, ce sont des missions d'aménagement, des missions d'animation, de gestion, de formation (soutien à l'action).
Sur le terrain, de nombreux contacts sont pris avec les Elus et les autres professions de l'Aménagement.
Des actions d'information-formation sur l'Aménagement de ]'espace dans ]es régions sont lancées sous la conduite de l'Association des Maires de France et de la S.F.U. La situation présente de la formation en Urbanisme, confuse et contestable, a amené la SFU à entreprendre des démarches auprès des Pouvoirs Publics pour que cette question soit rapidement traitée, et à préciser ses positions. Dans l'immédiat, la formation initiale peut se concevoir selon deux formules:
. soit former des Urbanistes "généralistes" avec une spécialisation possible en fin d'étude,
. soit dispenser un enseignement complémentaire à des spécialistes de certaines disciplines connexes. Dans ce dernier cas, il est nécessaire de prévoir au moins deux années complètes d'enseignement de l'Urbanisme après une maîtrise ou son équivalence.
La formation continue doit être restructurée et accessible à tous les professionnels quel que soit le mode d'exercice. Un lien étroit doit exister entre la formation permanente et la formation nitiale sous forme de passerelles ou d'équivalences. En 1993, la SFU prend l'initiative de proposer à l'Etat, aux principales organisations d'Urbanistes et fédérations d'Elus impliqués dans la pratique de l'Aménagement des territoires, d'élaborer un projet de développement de la profession. Les accords recueillis permettent de créer l'Association "Profession Urbaniste". Cette asssociation de durée limitée dans le temps comprend: la SFU (Société Française des Urbanistes), l'APUCT (Association pour la Promotion de l'Urbanisme des Collectivités Locales), la FCAUE (Fédération des Conseils d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement), la FNAU (Fédération Nationale des Agences d'Urbanisme), l'AUE (Association des Urbanistes d'Etat). S'appuyant sur les travaux des Groupes "Commande et Méthode" de la SFU animés par Didier Lenoir, elle organise des rencontres et élabore des propositions pour l'organisation de la profession.
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la sfu de 1994 à nos jours |
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En 1994, la SFU, sous la présidence de Jean Pierre Portefait, jette un regard critique sur les années passées et les difficultés rencontrées. Elle s'attache à traiter principalement deux questions :
. la reconnaissance de la spécificité de l'Urbanisme, de ses missions.
. le développement de la réflexion doctrinale sur la ville et sur la société urbaine et la reconnaissance de la spécificité de l'Urbanisme, de ses missions.
vers une reconnaissance de la spécificité de l'Urbanisme Les actions de reconnaissance sont axées sur une qualification des Urbanistes au service des citoyens, des Collectivités Locales et de l'Aménagement du Territoire. Il est important, dans cet esprit, que les Urbanistes praticiens de tout mode d'exercice se trouvant dans les associations existantes (APUCT, FCAUE, FNAU, SFU, AUE) proposent une organisation de type fédératif et agissent ensemble, d'une part pour promouvoir l'Urbanisme, d'autre part pour proposer un organisme de qualification des Urbanistes. La question principale est celle, fondamentale, de l'indépendance de la procédure de Qualification. On doit se garantir contre les risques éventuels de pressions diverses qu'elles soient d'ordre politique, administratif, économique, qu'elles proviennent de groupes d'intérêt privé ou quelles procèdent d'effet de mode ... Pour établir une qualification objective dans le cadre des critères retenus par la Charte Européenne des Urbanistes, une définition précise de ce qu'est un Urbaniste est indispensable.
Sur proposition du Président PORTEFAIT, la SFU présente la définition suivante: L'Urbaniste est :
un ou une professionnel(le) qualifié(e) par sa formation initiale et continue ou sa formation continue, son expérience et ses références,
qui :
- par un travail effectif et personnel de réflexion et de conception (seul et en équipe, ou en équipe)
- sur des sociétés et des territoires ou des territoires allant de la région au quartier,
produit, de manière régulière et actuelle, des contributions, des propositions techniques diversifiées (méthodologie, expertise, conseil, projet, cours, résultat de recherches), en matière de développement et/ou d'aménagement. Ces contributions et propositions doivent porter sur l'économique, le social, le culturel (programme) et sur le physique et le spatial (composition) arti- culés entre eux, et doivent être matérialisées sous une forme achevée, explicite et assumée, dans un support communicable.
La formation, l'expérience et les références sont appréciées de cette manière:
. L'Urbaniste est diplomé(e) d'une formation de base et justifie d'une formation complémentaire spécifique à l'Urbanisme,
. Il (elle) est diplomé(e) d'une formation de base et justifie d'une pratique dans le domaine de l'Urbanisme,
. Il (elle) ne justifie que d'une pratique , mais peut faire état d'un dossier de références sérieuses, récentes, diversifiées (missions, échelles...).
La formation de base (tronc commun d'enseignement des Urbanistes minimum mis au point par le Conseil Européen des Urbanistes) et la formation complémentaire se définissent comme suit :
- formation de base minimale : Bac + 4 (second cycle)
- formation complémentaire spécifique : doctorats, magistères et diplômes assimilés (tendant vers un niveau de Bac + 5 minimum) spécialisés en développement, Aménagement, environnement... (troisième cycle)
la réflexion doctrinale et le débat d'idées
Le 11 Juin 1996, Charles LAMBERT était élu Président de la SFU.
Sur le plan doctrinal, des actions de réflexion sont engagées, les unes aux niveaux national et régional, les autres dans le cadre des instances européennes.
Au niveau national, des Assemblées Générales "à thème" ont réunis les membres de la SFU au Musée Social sur les questions suivantes:
. le 25 Septembre 1996 : réflexion sur la présentation des enjeux du développement urbain, de l'environnement, du développement durable et de l'aménagement du territoire à tous les jeunes adultes dans le cadre du projet de formation à la vie civile qui devrait remplacer le service militaire.
. le 19 Décembre 1996 : urbanisme et dépenses publiques (ce qui relève vraiment de la dépense publique, l'optimisation des dépenses publiques locales, la problématique de l'extension et de la recomposition des villes sur elles-mêmes)
. le 20 Mars 1997 : Réflexion sur la Charte d'Athènes et sur la future Charte sur l'Urbanisme en cours d'élaboration au Conseil Européen des Urbanistes.
Sur le plan régional, des réunions et des colloques traitent de sujets qui intéressent l'aménagement et la pratique professionnelle: ville, sites, entrées de villes, charte des villes, commande publique, procédures de consultation en matière d'Urbanisme, qualification des Urbanistes, etc...
Au niveau européen, la SFU s'investit principalement dans l'élaboration de la "Charte pour l'Urbanisme des Villes du XXI siècle". Le Conseil Européen des Urbanistes, soutenu par la SFU, avait décidé d'exprimer un avis, de procéder à une analyse critique du passé, de mettre en avant des recommandations pour le futur à travers un document de caractère universel écrit par des Urbanistes et destiné au grand public. Dès 1995, un Groupe de Travail SFU était créé pour conduire une réflexion sur ce thème. Le Groupe de travail a opéré une relecture de la Charte d'Athènes, a dressé un bilan critique des propositions rédigées par Le Corbusier en 1943 et a dégagé des pistes de réflexion sur ce qui pouvait faitre l'objet de débats de fond sur l'aménagement et l'Urbanisme.
Dans le cadre de la "commande" du Conseil Européen des Urbanistes, il a proposé, parallèlement, un document qui permet d'engager des débats sur l'Urbanisme des Villes avec les thèmes suivants: L'aménagement des villes face aux exigences culturelles et sociales des générations futures... les inter-relations à mettre en évidence pour mieux comprendre le phénomène d'urbanisation... les priorités à dégager pour donner aux villes une réelle signification humaine... la résolution des problèmes qui concernent l'urbain... les moyens nécessaires pour apporter des réponses aux besoins réels et aux aspirations des citoyens... Le débat est engagé. Une réunion à Lille organisée par la Délégation Nord a déjà réuni sur ce thème près de 200 personnes. D'autres rencontres sont prévues. La France est donc à la pointe de la réflexion et de l'action dans ce domaine.
la politique d'ouverture de la SFU, l'aménagement des statuts
Quel que soit le mode d'exercice concerné, les difficultés à pratiquer l'Urbanisme ne font que s'amplifier. Les problèmes urbains sont traités dans des lieux ou des structures qui ne sont pas "assez en prise" avec le monde politique, les professionnels du cadre de vie, le grand public. Les avis autorisés deviennent de plus en plus rares. La SFU a donc décidé d'être un des lieux où ce sujet deviendrait un thème principal et où il serait possible de débattre, de réfléchir en commun et d'organiser une diffusion des idées émises. Pour cette raison, la SFU a pris la décision de s'ouvrir le plus largement possible aux chercheurs, aux enseignants et de rechercher les appuis de personnalités reconnues pour leurs avis et positions sur l'urbanisme. Cette ouverture se traduit par la possibilité pour eux de devenir membres sociétaires de la SFU avec la création de structures d'accueil différenciées. Le 17 Décembre 1997 l'Assemblée Générale Extraordinaire approuve cet aménagement des statuts. Dorénavant, la SFU est composée de trois collèges :
- le collège des enseignants et chercheurs,
- le collège des Grands Associés pour les per-sonnalités qui concourent, sans faire profession d'urbaniste, à la réflexion sur l'Urbanisme et sur l'aménagement du territoire ,
- le collège des praticiens.
les activités récentes de la SFU
Les relations institutionnelles entretenues traditionnellement (CEU, Conseil Européen des Urbanistes), et plus récemment (CETUR, Centre d'Etudes sur les Réseaux les Transports, l'Urbanisme et les Constructions Publiques, CNV, Conseil National des Villes, CNPEAU, Conférence Nationale Permanente de l'Enseignement de l'Aménagement et de l'Urbanisme, CFDU, Conseil Français Des Urbanistes, ) sont confortées et les actions en cours poursuivies. Plus récemment, le 3 Avril 1998, est signé, au Siège de la SFU, l'acte de constitution de l'OPQU, Office Professionnel de Qualification des Urbanistes. En outre, dans le cadre de ses activités au sein du Conseil Européen des Urbanistes, la SFU développe les actions suivantes :
. animation du débat sur le SDEC, Schéma de Développement de l'Espace Communautaire. Ce document qui est élaboré par la Communauté Européenne et par les Ministres de l'Aménagement du Territoire de 15 Pays traite de l''aménagement de l'espace européen et fait l'objet d'un débat intergouvernemental. La Délégation Nord - Picardie - Pas de Calais, responsable de l'animation, organise, sur ce thème, des rencontres à Lille ( octobre 1997, mars 1998, juin 1998).
. participation au jury du Grand Prix Européen d'Urbanisme dont le principe est de présenter une étude que l'on a réalisée où à laquelle on a participé. Ce concours est ouvert à tous les Urbanistes. Un Jury international composé de un membre par pays (Philippe JOUVIN pour la France) examine les travaux proposés. I
. association à la préparation d'une biennale à Rome organisée par l'équivalent italien de la Fédération Nationale des Agences d'Urbanisme français,
Enfin, la SFU assure la parution de son bulletin interne "Recto Verso" et met en place le présent site sur le réseau Internet ( Délégation Rhône Alpes responsable).
Guy Louis VALLET
Ancien Secrétaire Général de la SFU
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