Contribution Christophe Miguet



Christophe Miguet


OPINION & CONTRIBUTION


ETAT D’ESPRIT

Aujourd’hui, deux urbanistes sociétaires se déclarent prêts à prendre la responsabilité de la présidence de la SFU à l’occasion du changement d’exécutif de la fin mars 2011.

• Dominique Musselin s’est déclaré à la fin 2010, en publiant une « motion » signée collectivement le 5 décembre, qui appelait à une refondation de l’association et deux textes supplémentaires, de lui seul signés, concernant l’OPQU et débattant d’étique et de stratégie, avec « 10 mesures phares » pour la SFU. Tous publiés sur le site Internet de la SFU.
• Christian Luyton, Secrétaire Générale « sortant » s’est déclaré partant à l’occasion du Conseil d’administration du 22 février dernier et a publié à l’adresse du bureau, puis du CA et enfin sur le site Internet de la SFU, le 27 février, un texte de propositions intitulé. « Pour une SFU fortifiée ». Au service efficient des urbanistes, dans un système de relations apaisées. »

Je prend acte de ces candidatures et essaye de prendre position en apportant une contribution à ce débat sans nul doute contradictoire, ce qui est très sain. Et il reste aussi quelques semaines pour que d’autres vocations puissent voir le jour.

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La candidature de Dominique Musselin n’est pour l’instant pas assortie d’un programme précis. Si elle comporte des cibles, 10 mesures assez générales, Il n’y a pas de stratégie proposée ni d’esquisses de modalités pour un changement. Il y certes un état des lieux, mais je le trouve très sévère, voire irréel (normal pour un membre du bureau sortant !). La proposition consiste à « refonder » à partir des décombres déclarées de notre organisation. Décombres longuement décrites, sans qu’il y ait de nouveautés pour la « refondation ».
( Au surplus, le terme « refondation » semble impropre : les fondements de la SFU ne sont pas remis en cause, mais seulement l’équipe qui est aujourd’hui à renouveler). On a compris que Dominique et les personnes qui se sont jointes à lui souhaitent certains changements, et vraiment certains départs.

Cependant pour ce qui concerne le pilotage futur de notre association, il me manque (ce que j’ai dit amicalement à Dominique à plusieurs reprises) une véritable feuille de route pour pouvoir adhérer. Il reste 3 semaines pour que ces "10 mesures" qui vont de soi deviennent une proposition d'organisation structurée qui ne se limite pas à vouloir seulement débattre sans feuille de route durant 8 ou 9 mois. La SFU à besoin d’une direction plus forte.

Enfin le dernier texte publié par Dominique Musselin prend appuis sur des « vérités » historiques douteuses à propos de la profession d’urbaniste, des rôles et des représentations.
Les questions des « vrais » et des « faux » urbanistes, de la légitimité des personnes, des petits pouvoirs et bien sûr de la place des architectes (!) ne sont que des arguties connues, revenant tous les dix ans généralement pour de pas très bonnes raisons. A ce sujet, j’ai une pensée émue pour la période de la SFU - faste dans ce genre - sous la présidence de Jean-Pierre Portefait ! Et bien sûr pour la période d’observations mutuelles de « Profession Urbaniste » avec pour suite le CFDU. Ah ! Ah ! Malheureusement, les jeunes urbanistes que nous côtoyons ne sont pas très au courant de toutes ces étapes « passionnantes », sinon ils ne tomberaient pas dans le panneau, eux aussi.

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Pour le coup , la candidature de Christian Luyton me permet plus de me projeter. Pour un temps, la SFU ne disparaîtrait pas dans un maelstrom dont les agitations de la fin 2010 nous ont laissé entrevoir fortement la possibilité.

Christian nous propose un texte dans lequel se dessine un programme et je comprends son souci (qui est le mien) de faire en sorte que tout ne parte pas en quenouille après l'énergie fournie jusqu’à présent, Il faut pouvoir continuer avec efficacité en cette année du centenaire de l'urbanisme.

Dans sa proposition, il me manque cependant certains points que j'ai à coeur, mais je lui fais confiance pour développer jusqu'à fin mars, pour nous rendre plus sûrs.

Dans cette logique, je m'associe à Dominique Lancrenon pour que la proposition de la SFU pour l'évolution de nos organisations professionnelles présentée par Jean Pierre Gautry le 5 février au CFDU soit portée avec toutes nos forces réunies dans le prochain mandat. Avec l'ambition de parvenir à l'élargissement de la SFU.

* * *

Sur la forme du débat, je crois qu’il faut arrêter de s’auto-détruire avec des positionnements non constructifs comme continuer à vouloir faire de la SFU un repère d’architectes libéraux en mal de commandes alors que ce n’est pas la cas. La SFU est la seule association professionnelle tous modes d’exercice confondus présente, active et persistante sur l’hexagone, en relais actif avec l’ échelle européenne. Il y a trop d’anciens architectes présents à l’exécutif ? Il suffit de changer..

Il faut rapidement sortir de ce monde autiste où d’aucun déclare qu’il n’y a pas (plus) d’urbaniste pendant que l’autre affirme que lui seul l’est vraiment. (Je ne dis pas « chacune » car ce type de discours reste très masculin.)

En même temps, les jeunes sortent des instituts, chemin faisant, découvrent que le titre « urbaniste » n’est qu‘un mot ne figurant jamais sur les fiches de paie, et encore moins sur les passeports : juste un rôle ou une fonction sans sécurité d’emploi. Le titre universitaire est sans saveurs. Il n’a pas le goût des corps constitués aux nomes qui sonnent comme X, tenants de la technocratie de l’aménagement et de l’urbanisme du pays.

On devrait être lassé de ce fatras. Il est de notre responsabilité de faire disparaître les idées fausses.

Comme programme, il faudrait d’abord revenir simplement ensemble à 2011, anniversaire du premier siècle d’existence des urbanistes français et européens… Et de la SFU, bien sûr ! La démarche est aujourd’hui largement en route. Il appartiendra à la future équipe de ne pas la gâcher.

Les querelles de clochers des urbanistes d’aujourd’hui donnent la désastreuse image de gens (pré)occupés par leur résistance à la précarité de leur statut public ou privé dans lesquels les maintiennent les pouvoirs qui se succèdent. Des citoyens moyens et sans contenus, veillant à leurs (sur)vies, et à leurs prés-carrés ; défendant leurs « créneaux » monocritères vidés de sens : leurs routes , leurs tuyaux de ville, leur social ou leur « développement durable » ... L’urbanisme ne peut être considéré comme un petit monde irresponsable ; lieu des petites affirmations , des petites arrogances et des discours non dialectiques.

J’éprouve vraiment le besoin de rappeler que depuis plus de 15 ans, la SFU vit et travaille dans un climat d'hostilité et de mépris bien entretenu par une poignée de nostalgiques qui voudraient faire des urbanistes un « corps » de plus dans la nébuleuse qui fait pourtant la richesse des acteurs de notre pays.
Les présidences se sont succédées et notre association a dû aussi faire face durant toutes ces périodes à une forte concurrence rentrée développée par un CFDU qui se cherche.
(CFDU qui, notons-le, a été jusqu’à acheter il y a peu de temps le nom de domaine www.urbanistes.fr pour pointer sur www.cfdu.org, alors que la SFU porte et développe www.urbanistes.com depuis les années 90 ! On se croirait chez Renault, avec la concurrence et l’espionnage industriel. Les bras m’en tombent !).
Un CFDU qui s'est donc toujours cherché, après avoir produit l’OPQU (sa mission) , qu'il a ensuite soutenu disons mollement. Et je ne parle pas de sa vocation confédérale qu'il ne s'est jamais résolu à assumer.
Oui, tout notre petit le monde le sait, mais dans notre société politiquement correcte - dans laquelle on n’avance que masqué - personne ne le dit. Alors je le dis. Et il faut sortir de tout cela.


LES POINTS PLUS IMPORTANTS


Ouverture et élargissement de la SFU

La chose est faite, ce qui est très bien depuis le temps qu’on soutient cette idée. La SFU s’est déclarée clairement pour mettre la qualification OPQU au cœur de son dispositif. Mais dans ces murs que l’on monte, que deviendrait l’acier s’il n’y avait pas le béton ? (Une métaphore d’architecte et d’ingénieur, juste pour rire).

Dans le projet SFU toujours en agitation, la gageur est à mon sens d’ouvrir plus les portes qu’aujourd’hui , (en surmontant les querelles d’ego livrées dans les périodes de changement de responsables).
Il faut continuer d’accueillir sans condescendance comme cela été toujours le cas à la SFU, en ouvrant à nouveau le débat sur les critères d’admission et sur les tarifs d’adhésion : l’expérience n’est pas la seule garantie d’être un(e) urbaniste, un(e) vrai(e) ! Les diplômes non plus !
C’est en cela que nous collons à l’évolution et la massification de la profession composée de toutes les générations.
L’avantage est aussi que l’OPQU est là pour satisfaire aux critères, laissant à la SFU sa vocation d’association professionnelle ouverte à la diversité.


Ce que pourrait faire la SFU

En plusieurs points qui à mon sens recoupent les idées de rayonnement, de réactivité, de service et de partenariat énoncées par Christian Lyuton.

Je continue à croire que la SFU, (qui est ni un ordre ni un syndicat) n’a pas à dispenser de morale, d’éthique ou je ne sais quelle doctrine.

• Elle doit se mettre en posture de représenter les urbanistes français et l’urbanisme de notre territoire en témoignant de l’actions des acteurs. Pour ce faire, elle doit en priorité organiser et mettre en marche un observatoire - largement mis en réseau - pour fournir de l’information. (En ce sens elle répond à sa vocation première qui est de rendre des comptes à ses sociétaires cotisants.)

• Elle doit à son tour être actrice, en émettant des avis et propositions dynamisant l’actualité de l’urbanisme et de l’aménagement.

• La SFU est française et européenne. Elle doit continuer à se donner les moyens d’être véritablement européenne*. Dans ce domaine, la démarche est aussi largement en route. Il appartiendra à la future équipe de ne pas la gâcher. (Pour toute information : de référer aux contributions de Dominique Lancrenon, membre du bureau SFU et future présidente du CEU.)


Christophe Miguet
Architecte urbaniste
Urbaniste sociétaire de la SFU, qualifié OPQU
Vice-Président de la SFU chargé de l’information
27 février 2011





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